RE: [Edu-ressources] Le Canada est passé du 9e au... =?iso-8859-1?Q?_19e_rang_mondial_en_mati=E8r_ e_de_technol_ogies_de_l'info?= rmation
Francois Larose
francois.larose at usherbrooke.ca
Jeu 21 Mai 23:52:22 EDT 2009
Intéressant le texte de monsieur Boskey.
Je ne voudrais pas faire "démesurément" dans le politique mais, à ma
connaissance la règlementation et les politiques concrètes de soutien au
développement des technologies de la communication dépendent du fédéral. Or,
chez nos pétroliers minoritaires de service (ou chantres des vertus magiques
de la dérèglementation, de la non-intervention étatique dans le marché, dans
le développement et dans un peu tout) chez nos amis les omnibilés du
discours des miracles de l'économie néo-libérale à laquelle même nos voisins
du sud ne croient plus... il n'y a pas d'intérêt à intervenir soit
directement, soit par le biais des programmes fédéraux/provinciaux dans le
maintien et le développement des télécommunications au Canada. L'entreprise
y pourvoiera par magie. Cette entreprise qui vit dans une situation de quasi
monopole (Rogers-Bell et Télus) sur le plan de la téléphonie numérique,
quasi monopole que la vente de quelques fréquences à de petits joueurs comme
Québécor ne menace guère. Les propriétaires de contrats de cellulaires en
savent quelque chose. Pire encore lorsque le monopole sur les ententes de
roaming à l'international appartient de facto à Rogers qui fixe dès lors des
tarifs carrément de l'ordre du quintuple des tarifs européens lorsque vient
le moment d'utiliser son téléphone dans un contexte d'exercice professionnel
"mondialisé". Un bel exemple de cette même logique néo-libérale (cause de la
catastrophe financière que nous vivons et que reconnait même le gouvernement
US) que nos petits cow-boys WASP campant à Ottawa vénèrent tant... l'absence
de politique de contrôle des frais de crédit annoncée comme une grande
victoire pour le consommateur canadien en grande pompe par notre triste
ministre fédéral des finances.
Un réseau qui tombe en désuétude... cela fait depuis 2003/2004 que les
praticiens et les intervenants du monde scolaire au Québec et au Canda le
clâment. Merci monsieur Boskey de le réaffirmer haut et fort. Une absence de
considération systémique à cet égard... eh bien on a le résultat des
politiques qu'on mérite puisqu'on a les politiciens-gestionnaires qu'on
élit.
Amicalement,
François Larose
François Larose
Professeur titulaire
Directeur CRIFPE-Sherbrooke
Chercheur régulier: CRIE, CRIFPE, CREAS
Faculté d'éducation, Université de Sherbrooke
2500 boul. de l'Université
Sherbrooke, Qc. J1K 2R1 - Canada
Tel: (819) 821 8000 poste 61036
Fax: (819) 821 8048
http://www.usherbrooke.ca/education/personnel/professeurs/enseignement-au-pr
escolaire-et-au-primaire/larose-francois/
_____
De : edu-ressources-bounces at rtsq.qc.ca
[mailto:edu-ressources-bounces at rtsq.qc.ca] De la part de Sam Boskey
Envoyé : May 21, 2009 11:12 AM
À : edu-ressources at rtsq.qc.ca
Objet : [Edu-ressources] Le Canada est passé du 9e au... 19e rang mondial en
matièr e de technol ogies de l'information
La fracture numérique
http://www.ledevoir.com/2009/05/16/250729.html
Fabien
<http://www.ledevoir.com/cgi-bin/Contact?from=250729&id=1684&nom_auteur=Degl
ise> Deglise
Édition du samedi 16 et du dimanche 17 mai
<http://www.ledevoir.com/2009/05/16/> 2009
En cinq ans, le Canada est passé du 9e au... 19e rang mondial en matière de
technologies de l'information et des communications. Une menace pour le
développement du pays.
De gagnant à perdant, le Canada traîne désormais de la patte en matière de
technologies de l'information et des communications. Et il n'est pas
nécessaire d'attendre cinq minutes le téléchargement d'une page Web sur
l'écran microscopique de son téléphone cellulaire pour s'en rendre compte.
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Il y avait l'espoir, le rêve, parfois la peur ou la fierté. La
mondialisation des activités humaines, cette idée de réduire les distances
entre les pays pour faire avancer les affaires, l'art, la recherche
scientifique ou le savoir, commence doucement au Canada à induire un nouveau
sentiment chez ceux et celles qui s'y frottent: la gêne.
Demandez au directeur de la recherche à la Société des arts technologiques
(SAT) de Montréal, René Barsalo, qui sillonne la planète pour y parler de
spectacles multimédias en réseau, de télémédecine ou encore de diffusion de
contenus vidéo sur un téléphone cellulaire. «Oui, ça devient gênant:
désormais, quand on croise des partenaires éventuels en Europe ou en Asie,
il faut leur expliquer qu'on ne pourra pas collaborer avec eux, lance-t-il.
Pas qu'on ne veuille pas, mais parce qu'on n'a plus les capacités techniques
au Canada pour le faire.»
Pour la productrice Josée Vallée, présidente de Cirrus communications, la
firme qui a donné vie à la série Tout sur moi, la situation est plus que
gênante, elle est surtout lourde de conséquences: après chaque journée de
tournage, les épreuves -- les rushs, quoi! -- sont généralement gravées sur
un DVD pour être visionnées le soir même par les producteurs. «Nous avions
pensé nous équiper d'un système pour échanger ces rushs sur un réseau fermé,
dit-elle, et ce, pour éviter de graver tout ça sur un DVD et épargner un
envoi quand le tournage est loin de Montréal. Mais on a été obligés de
reculer à cause du temps que cela aurait pris pour transférer ces données.»
«Les compagnies d'effets spéciaux de Montréal commencent aussi à avoir des
problèmes, lance Réal Gauthier, de la boite Concept et Forme. À cause du
piratage, les studios d'Hollywood n'acceptent plus que leur travail soit
envoyé sur un disque dur par courrier terrestre. Ils veulent un transfert
sur un réseau sécurisé. Or, avec le réseau actuel, une scène de trois
minutes du dernier Batman, ça peut prendre deux jours à envoyer.»
Un grand bond en arrière
Autant d'exemples, autant d'affronts pour les adeptes des technologies de
l'information et des communications -- les «TIC», comme disent les experts
-- tout comme pour le propriétaire d'un cellulaire et son voisin, le simple
abonné à Internet à haute vitesse. Après avoir bombé le torse, au milieu des
années 1990 avec un réseau de transmission de données numériques à
l'avant-garde et des branchements au Web dont la rapidité faisait brûler
d'envie le reste de la planète, le Canada n'a désormais plus les moyens de
plastronner.
Pour cause. Dans les dernières années, ces infrastructures servant à faire
transiter les communications par téléphone cellulaire ou encore les
courriels, les photos de famille ou le dernier épisode de cette série que
l'on aime tant n'ont pas vraiment fait face à la musique du développement et
de l'amélioration, qui pourtant s'est mise à jouer à tue-tête partout sur la
planète. Avec à la clé un réseau qui, quoi qu'en disent les Bell, Vidéotron
et Rogers de ce monde, approche désormais de l'obsolescence.
Pis, ce réseau est aussi passablement dispendieux pour les consommateurs et
s'accompagne de limites qui pourraient porter préjudice au développement
économique, social et même politique du pays, n'hésitent plus à clamer
aujourd'hui plusieurs observateurs de la scène techno.
«On était au-dessus de la mêlée, dit M. Barsalo. Mais tout ça est fini.»
«Nous sommes désormais en retard sur le reste de la planète, renchérit
Patricia Tessier, vice-présidente du marketing chez Sun Media. Ce retard ne
cesse même de s'accentuer parce que personne ne semble vraiment en prendre
conscience.» Et pourtant...
La mathématique de la comparaison internationale le confirme. Entre 2002 et
2007, le Canada est passé en effet du 9e au... 19e rang mondial en matière
de développement global des TIC, indique le dernier rapport de l'Union
internationale des télécommunications (UIT), une agence spécialisée de l'ONU
qui chaque année fait l'état des lieux des télécoms et de leur usage dans
154 pays.
Pire, en matière d'usage de l'Internet, mais aussi de propagation dans
l'environnement de connexions à haute vitesse, filaires ou cellulaires, le
pays qui a donné naissance au célèbre téléphone intelligent Blackberry
confirme là aussi son recul en passant du 4e rang mondial en 2002 au... 21e
rang, cinq ans plus tard. Triste constat: il est désormais laissé dans la
poussière par la Corée du Sud, la Suède, le Japon, l'Autriche, les
États-Unis ou encore l'Allemagne -- pour ne citer qu'eux --, où visiblement
le futur technologique se vit déjà aujourd'hui.
«Nous sommes devant un problème profond», lance le consultant en
technologies de l'information, Réal Gauthier, qui depuis des années s'amuse
à faire la lecture de la chronique d'une ruine technologique annoncée que
chercheraient à écrire, selon lui, les acteurs des TIC au Canada. Un
problème facilement quantifiable d'ailleurs lorsqu'on se penche sur la
capacité de transmission de données numériques qu'offre aujourd'hui la Toile
canadienne.
Un réseau et ses limites
La chose se mesure en Megabits par seconde (Mbit/s) et donne une bonne idée
de l'aptitude qu'a un réseau pour faire face à son avenir. C'est qu'à une
époque où l'Internet -- tout comme les cellulaires -- ne sert plus seulement
à faire circuler du texte et de la voix, cette force de transfert est
désormais cruciale puisqu'elle permet l'échange, sans contraintes, de
fichiers sonores ou vidéo, généralement plus volumineux. Elle permet aussi
de mettre un peu plus d'instantanéité dans les échanges, en donnant la
chance par exemple à deux personnes de se parler et de se voir en direct,
sans être physiquement au même endroit.
Mais il y a plus. Le Web n'est désormais plus seulement un simple buffet où
l'internaute vient se servir, mais bien un espace de plus en plus ouvert où
il vient aussi déposer des choses: ici des photos de son dernier voyage, là
une vidéo artistique ou encore un extrait de sa dernière composition
musicale. L'endroit aspire à devenir également un lieu d'échanges et de
collaborations en direct par l'entremise de mondes virtuels, de
vidéoconférences... Entre autres.
Les gourous des TIC parlent de «Web participatif». Et pour y accéder, les
usagers doivent disposer d'un réseau qui offre une capacité de transfert de
données élevée, autant pour le téléchargement (je prends) que pour le
téléversement (je donne), chose que le réseau canadien peine franchement à
offrir.
Alors que le reste de la planète succombe désormais à la fibre optique, ce
câble lumineux qui décuple de manière exponentielle les capacités de
transfert des contenus numériques, les grandes villes du pays, dont
Montréal, sont en effet toujours accrochées au bon vieux câble coaxial de
cuivre ou aux bonnes vieilles lignes téléphoniques avec leurs vitesses du
passé.
Le hic: cette infrastructure dite «asymétrique» confère une vitesse modeste
pour le téléchargement (généralement entre 7,5 et 10 Mbit/s), mais est aussi
incapable de favoriser les téléversements de contenus à une vitesse
supérieure à 1 Mbit/s. Ça, c'est 100 fois moins que les capacités de la
fibre optique, un fil symétrique qui donne, lui, 100 Mbit/s de bande
passante, comme on dit, et ce, que l'on désire prendre ou donner des
contenus sur le réseau.
Ce fossé numérique canadien est aussi palpable dans l'univers du cellulaire
où, en grande pompe l'automne dernier, Quebecor a annoncé avoir acquis la
licence d'exploitation des téléphones sans fil de troisième génération (le
3G), forcément plus rapides que ceux actuellement en circulation partout au
pays. Cette technologie est utilisée au Japon depuis plus de six ans.
Quebecor prévoit offrir ses premiers forfaits au milieu de 2010, soit dans
plus d'un an, alors que depuis quelques semaines Sprint aux États-Unis vante
à la télévision et aux heures de grande écoute les vertus de son nouveau
réseau... 4G (pour quatrième génération), qualifié du «réseau de
maintenant.»
Des projets à revoir
Des épreuves condamnées à rester sur DVD, des effets spéciaux envoyés par
avion ou encore un musicien contraint de se déplacer pour enregistrer une
ligne de guitare dans un studio de Montréal alors qu'il aurait très bien pu
le faire, par fibre optique, depuis un studio de Barcelone, Riga ou
Singapour... Le retard technologique canadien ne menace pas la santé des
citoyens, mais il n'en demeure pas moins très inquiétant, résume Sylvain
Carle, qui s'occupe du dossier Internet à l'Alliance Numérique, un
regroupement d'acteurs des TIC.
«C'est comme les mouvements écologistes, il y a 20 ans. Nous devons faire
prendre conscience d'un problème qui a très peu d'effets apparents et qui ne
tue personne. Mais le fossé qui commence à nous séparer du reste de la
planète est tragique. À la longue, il va faire de nous une société
technologiquement analphabète. Nous sommes dans un monde globalisé où la
culture numérique occupe une place de plus en plus importante. Or, on est en
train de reculer sur l'échiquier international quant à notre capacité à
participer à une économie du savoir qui repose sur des réseaux de
communication. Et j'espère que cela ne va pas prendre 20 ans avant qu'on se
réveille.»
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